actualités,

Sensible à l’acte créateur, me passionne aussi la question de la perception du tableau par le regardeur, le monde d’après l’ouvrage, la réception. Qu’est ce que regarder, percevoir une oeuvre, un tableau ? être disponible, ouvert. A ce propos, je vous partage ici le texte de Dominique Weil dans « la fabrique du surcroit » livre presse universitaire de Namur « Avec Hans Hartung, ce fut l’effet produit par le contraste renouvelé de toile en toile, et chaque fois autrement décisif, entre le chatoiement subtil du fond aux couleurs lumineuses dans des tons savamment conjugués en couches fines, jouant des transparences et des réapparitions, et de la vigueur de tracés sombres ou très vifs, de grattages et de fouettages zébrant ou surchargeant cet espace d’abord continu, y déterminant sa construction et ordonnant le parcours de mon regard sur la toile.

Me frappait l’insistance de l’alternance de la caresse de la toile et la trace de gestes rapides et forts dans la matière juste posée, un rythme de douceur et de violence. Avec l’effet d’une découpe dan le continuum coloré, dès lors indispensable.

Là aussi l’énigme participait de la captation du regard, d’autant que comme Pierre Soulages, Hans Hartung était présenté alors comme un abstrait lyrique ou un peintre gestuel, et que ces qualifications laissaient supposer qu’une charge psychologique aurait été exprimée par le geste du peintre travaillant ou attaquant la matière picturale, donnant son sens au tableau. Comme pour P.Soulages qui utilisait lui aussi dés les années 1970 de la peinture acrylique pour ses qualités de fluidité et de séchage, préparant ses pigments et fabriquant ses outils de grattage en remaniant des outils de chantier, il y avait bien un geste délibéré sur la toile. Mais pour l’un comme pour l’autre, ce geste n’est en rien l’expression d’un état psychologique ou d’un contenu de pensée qui serait le sens à décrypter dans le tableau. Ce geste est un geste de peintre qui va laisser une trace sur la toile, résultant à la fois des qualités de la pâte colorée , de l’outil utilisé, et de l’orientation et du trajet de la main et du corps. »

Ces trois peintures presque abstraites, à l’huile, de ce printemps 2020, ont une texture bien épaisse. Les formes et les taches plus diffuses s’y rencontrent, le mobile et l’immobile aussi. Mauve, violet, bleu, ocres jaunes et rougis, orange ou vert, ces toiles colorées sont généreuses.

Huile sur toile, Totem 116X81 Cm
huile sur toile, jeu d’enfant 130X81Cm
huile sur toile , Arunachala 100X81cm
Visit Us On Facebook